11.06.2010
Déménagement!
Mais non, je ne quitte pas Berlin (enfin pas pour l'instant).
Après quatre ans de bon et loyaux services et pour fêter le 700ème message, déjà, vous pouvez suivre la suite de ce blog à cette adresse http://carolineb.net/berlinberlin/
Merci de changer vos liens, et à bientôt chez moi!
21:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.06.2010
-message informatif-
-travaille-stop-sous les avions-stop-fait chaud-stop-pas le temps de bloguer-stop-mais surprise à venir-stop

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04.06.2010
Endlich!

15:06 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.06.2010
Juste pour rire
| Mois | T max. moyenne | T min. moyenne | Précip. moyenne |
|---|---|---|---|
| Janvier | 2,0 °C | -3,0 °C | 4,32 cm |
| Février | 4,0 °C | -2,0 °C | 3,81 cm |
| Mars | 8,0 °C | 1,0 °C | 3,81 cm |
| Avril | 13,0 °C | 4,0 °C | 4,32 cm |
| Mai | 19,0 °C | 8,0 °C | 5,59 cm |
| Juin | 22,0 °C | 11,0 °C | 7,11 cm |
| Juillet | 23,0 °C | 13,0 °C | 5,33 cm |
| Août | 23,0 °C | 12,0 °C | 6,60 cm |
| Septembre | 19,0 °C | 9,0 °C | 4,57 cm |
| Octobre | 13,0 °C | 6,0 °C | 3,56 cm |
| Novembre | 7,0 °C | 2,0 °C | 5,08 cm |
| Décembre | 3,0 °C | -1,0 °C | 5,59 cm |
30.05.2010
Gemischt
Donc elle a gagné la petite Lena, avec un tube qui doit la satelliser bien au-delà de l'Eurovision. C'est surtout une belle victoire pour Stefan Raab.
Les Allemands sont furieux contre les Français qui auraient fait acheter à la BCE des obligations grecques en paquet pour sauver les banques françaises ; oui, le franco-allemand, ça existe, ça s'appelle je-t'aime-moi-non-plus.
J'ai acheté sur un coup de tête une couverture de picnic. ça s'appelle la méthode Coué.
***




21:20 Publié dans Les confidences du dimanche | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
28.05.2010
Kopf und Beine
Grande enquête dans un magazine: la taille des poitrines augmente, même pour les femmes minces. Certes, une femme sur trois est en surpoids, mais c'est surtout la taille des bonnets qui grossit, pas celle du tour de poitrine. Elles sont bizarres, les Anglaise, non? Alors il y a plusieurs pistes d'explication explorées, et... ah mince, mais je ne suis pas en UK, mais en Allemagne, et ce blog est plus ou moins sur Berlin tout de même -je suis obligée d'interrompre ce message donc. **
***
Doooonc de quoi je voulais vous parler? Ah oui, de l'idée ré-vo-lu-tio-nnaire du ministre de l'Education français: instaurer des écoles avec classe le matin et sport l'après-midi. Inspirons nous des Allemands, kil dit le ministre. C'est vrai, ça marche tellement bien en Allemagne que ceux-ci pensent même instaurer... l'école à la française. La Ganztagschule. L'école toute la journée quoi.
Reprenons les choses du début. En 2000, la première enquête Pisa, menée par l'OCDE, avait déclenché un traumatisme outre-Rhin. Les enfants de 15 ans nés de l'autre côté de la frontière avaient un niveau scolaire inférieur à la moyenne des adolescents des pays membres.
Horreur, drame, scandale. Pour le pays des philosophes, des sciences et de la littérature, c'était une désillusion amère.
Mais les Allemands, qui sont pragmatiques, se sont penchés avec certes beaucoup de douleur sur les raisons de ces mauvais résultats. C'est surtout en maths que le bât blesse, les adolescents n'ayant pas le niveau minimum.
20:08 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
27.05.2010
Optimiste
"Ein Unternehmen kann nur
mit Optimismus
geführt werden"
Karl Diehl
17:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.05.2010
About: blank
21:14 Publié dans Crise de foi | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Unsortiert
-Roland Koch a annoncé hier vouloir quitter la politique. C'est un peu comme si Copé en France vous disait "en fait je vais aller faire de la maille dans le privé". Koch, c'est juste le ministre-président de Hesse (Francfort), un des plus haut responsable de la CDU, et accessoirement, allié et comme de juste, concurrent, de Merkel. Il est à peine plus jeune qu'elle (52 ans), et visiblement, elle est dans son chemin, alors il prend un détour pour aller plus vite, why not. Pourtant il est beaucoup plus grand, je suis sûre qu'il n'avait pas besoin de la doubler pour voir au loin.
Ah oui et comme "Koch" veut dire cuisinier et que "kochen" est le verbe, on a une jolie panoplie de jeu de mots pourris en titraille aujourd'hui. Et ça va pas s'arranger pour les francophones: son successeur en Hesse s'appelle... Bouffier!
-Les inondations se rapprochent de l'Allemagne, la ligne Oder-Neisse va bientôt être subermergée, c'est l'invasion de l'Allemagne par la Pologne pour une fois, comme quoi tout arrive. Sinon il fait froid, mais moi j'ai eu 30°C ce week end, non je n'étais pas à Berlin et j'ai une jolie croix écossaise en bronzage sur mes petons, je suis ravie merci.



1/ Tu cours chez l'assureur en bas de la rue avant la fin du cycle Kurz/Eco
2/ Tu checkes ton compte en banque
3/ Tu vérifies si deux draps plein d'eau ça dépasse peut-être le poids limite autorisé
09:22 Publié dans Fussball WM 2010 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
21.05.2010
A quoi sert...
... de faire tourner une machine à coudre dans le froid pluvieux berlinois?
A confectionner de quoi se protéger du soleil britannique!

18:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.05.2010
Mangel
Après la crise financière, la crise de l'euro, la crise économique, aura-t-on la crise tout court?
Les prévisionnistes (je sais il ne faut pas le croire mais tout de même) nous annoncent de lendemains gris sur l'Allemagne. Et il y a une chose qui est dores et déjà certaine: l'Allemagne va être dans la merde car elle n'aura pas assez d'habitants. Les statistiques rendues publiques lundi font peur: 30.000 bébés de moins sont nés l'an dernier par rapport à 2008. Comme l'a fait remarqué madame le jeune ministre, le nombre d'enfants par femme reste stable (grosso modo 1,4, ce qui est trop peu de toute façon). Mais le problème, c'est que maintenant on manque de femmes. 500.000 sont sorties en 2009 de la tranche en âge de procréer.
C'est un mystère sociologique qui amène à ce résultat. Alors qu'en France le baby-boom a commencé en 1942 (avec le retour des premiers prisonniers et l'armisticie honteuse de 40) pour se continuer jusque dans les années 70, en Allemagne il a commencé en 1953 (retour des prisonniers de l'est et sortie enfin des terribles années d'après-guerre) et s'est arrêté au milieu des années 60. En 30 ans, c'est simple, on a eu le temps de faire plus d'enfants qu'en 10.
Pourquoi les Allemands n'ont-ils pas eu plus d'enfants? Il y a une théorie capillotractée qui pointe le remord des Allemands d'après-guerre et leur souhait, inconsciemment, de ne pas perpétuer un peuple qui avait fait tant de mal.
Bullshit, dirais-je, si j'osais. Sans doute qu'il y a un faisceau d'éléments qui amène à se résultat, parmi lesquels le fait qu'une génération qui avait été élevée pour faire la guerre a voulu surtout profiter de la vie, et que toutes le futures mères du Reich, une fois celui-ci disparu, ont voulu aussi prendre leur liberté.
Nonobstant* ceci, il reste des faits douloureux: l'Allemagne commence à voir sa population décliner. Moins de gens, moins de croissance. Plus de frais médicaux pour les personnes âgées. Moins d'impôts. Moins de jeunes, moins d'innovation, moins d'industrie. Déjà on manque cruellement d'ingénieurs ici. Selon les calculs publiés dans le Handelsblatt d'aujourd'hui, l'Allemagne est rentrée dans une crise... dont elle ne sortira pas, en tout cas dans les 25 prochaines années. 1% de croissance, dépendance aux exportations, Kraft- und Innovationsmangel, rien n'est rose sur les plaines teutonnes.
Bien sûr, il ne faut jamais croire les prévisions des économistes :)
*t'as vu le nonobstant? la classe, non?
19.05.2010
Je sers la science et c'est ma joie
Que faire à Berlin quand le temps est pourri et que l'été, vraiment, n'arrive pas?
Interlude nécessaire à la compréhension de ce message: à Berlin il se peut que l'hiver se pointe impromptument à la mi-octobre, ce qui est chiant. Ensuite il fait souvent pas beau et même parfois franchement moche et ce jusqu'en mars, soit cinq à six mois d'hiver. Vous allez me dire, l'automne c'est chouette et bô et tout et c'est vrai, sauf que il fait souvent trop froid pour en profiter, sans compter la propension pénible du soleil à se coucher une heure plus tôt que chez vous, et oui on est au nord ET à l'est, regarde ton globe et dis moi ce que tu en penses. D'où nos lamentations depuis deux semaines: le chauffage est revenu, je porte encore des bottes et ça commence à bien faire tout ça.
Normalement en mai, je ne sais pas vous mais moi c'est tout trouvé: je bosse sur mon balcon, je vais manger en terrasse, glander sur les pelouses et le soir on va descendre des bières au Prater, le planning est bien ficelé.
Sauf que cette année il faut trouver autre chose.
Voici mes suggestions:
-se réfugier chez soi devant sa machine à coudre après être allé acheter ton tissu au marché turc du Paul-Linke-Ufer, ça oblige quand même à sortir pour faire le plein ;
-aller à la piscine en nocturne, c'est 2,50 euros le soir après 20h, il y a aussi des saunas dans les piscines publiques, vu le temps, c'est pas du luxe ;
-refaire le plein de films: il y a les très bons cinémas du réseau Yorckino, j'aime bien leur programmation, leur programme de fidélité et les films en VO ;
-ou aller au videoclub: y a le super Filmkunst avec tous les films anciens européens, Revalerstr. 8 à Friedrichshain ;
-profiter des musées: c'est gratuit le jeudi soir au Pergamon par exemple, et vu le temps, on peut s'enfermer dans le train pour aller enfin visiter le musée de Dahlem ;
-aller visiter le jardin botanique lui aussi à Dahlem ;
-faire les expos: en ce moment c'est la célèbre agence Ostkreuz qui expose au C/O sur la Oranienburgerstr., mais il y a aussi l'expo permanente de Helmut Newton près de Zoo, et plein d'autres partout ;
-aller flâner au Dussmann et rester des heures à lire, c'est pas mal non plus...

Ah oui on peut aussi travailler quand il fait moche, comme ça on a moins de scrupules à ne pas sortir...
Et ce message est libellé Wettbewerb: c'est dans le titre et c'est facile! Et une très bonne occupation de mauvais temps d'ailleurs.
12:24 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
18.05.2010
Ein kleines bisschen Kultur
Culture, savoir, mes amis le mot est lancé.
Le Spiegel nous présente le "test de connaissance le plus dur d'Allemagne", tremblez musette (c'est pour la rime).
Il s'agit du test pour entrer à l'école de journalisme Henri-Nannen, la plus réputée du pays.
Il y a trois séries (ce n'est qu'en allemand par contre):
-le test de connaissance
-le test des images
-l'exercice de réécriture
Alors bon j'ai essayé, en connaissances c'était honorable, surtout en sport, je rigole, par contre je me suis lamentablement croûtée sur la reconnaissance d'images, ok je me dis si c'était des Français je saurais mieux, mais en fait après cinq ans ici j'ai quand même honte.
Ce qui est bien c'est que je suis déjà journaliste, alors ça m'épargne des sueurs froides finalement. Pour les germanistes, à vous de jouer!

09:41 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.05.2010
Et là, c'est le drame
Michael Ballack ne participera pas à la Coupe du monde. Le capitaine de l'équipe d'Allemagne est blessé et ne participera à la Coupe du monde. BALLACK NE SERA PAS LA.
PAS
DE
BALLACK
IN SÜDAFRIKA
Vous vous rendez compte? Non mais là, c'est grave, c'est terrible, C'EST TERRIBLE!!!!!
Voilà, j'espère que vous poussez des cris horrifiés. Je vais me lamenter dans mon coin et je reviens.

13:32 Publié dans Fussball WM 2010 | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
16.05.2010
Contre Montessori (message à charge)
Je tiens à préciser que ce message est totalement non-objectif, et ne revient pas sur le fond de la méthode inventée par Maria Montessori. Je ne remets pas en doute que cette pédagogie ait aidé beaucoup d'enfants en répondant à des besoins qui n'étaient pas pris en compte par l'enseignement classique. En cherchant sur internet, je n'ai pas trouvé de récit d'enfants parlant de leur expérience. Il s'agit ici d'un témoignage, donc d'un cas unique, totalement partisan et qui s'assume comme tel.
Ce message n'est pas franchement en relation avec l'Allemagne. Mais depuis un certain temps je vois aussi beaucoup d'écoles qui se réclament de cette méthode, la revendiquent et l'appliquent ici. Il se trouve qu'à chaque fois que je vois une pancarte je change de trottoir, j'ai envie de me mettre en colère contre eux, et donc j'aimerais bien donner mon avis. En parlant avec Stéphanie, j'ai réalisé l'attrait de cette méthode pour les parents. A l'autre bout du spectre, je voudrais raconter ce que j'ai ressenti en tant que petite fille balancée sans prévenir dans une classe Montessori.
A huit ans j'étais une enfant adaptée, j'aimais l'école et je n'avais pas de difficultés particulières. En 8ème (CM1) une nouvelle maîtresse est arrivée dans notre école et je me suis retrouvée dans sa classe. Il se trouve qu'elle appliquait cette méthode (ou ce qu'elle en avait compris), sur laquelle on ne savait pas grand-chose. Et ce fut rapidement le bordel: on était censé choisir nous même ce qu'on allait faire en classe, on se retrouvait à faire des autodictées (c'est à dire apprendre des textes par coeur pour les ressortir à l'écrit, totalement débile, puisqu'il n'y avait pas à réfléchir), et surtout le pompom, à s'auto-évaluer chaque semaine. Car cette méthode, basée sur la liberté de l'enfant, son autonomie, son développement propre etc., empêche de fait l'entourage à «juger» de l'apprentissage de l'enfant. C'est donc l'enfant lui-même qui doit faire le bilan de sa progression, ou régression évidemment. On se retrouvait à faire une courbe de nos notes et à devoir battre notre coulpe en public « oui j'ai pas assez travaillé, c'est mal » etc. C'est ce qui a fait sortir mes parents de leurs gonds: ils ont dénoncé une attitude maoiste et m'ont interdit de participer à ces séances d'autoflagellation (merci papa, merci maman), à la place je dessinais, vous remarquerez la belle occupation du temps scolaire.

On était 30 gamins, dont un ou deux avaient deux vraies difficultés: la maîtresse passait son temps avec eux, laissant les autres vaquer à leurs occupations. Quelques uns qui adoraient se tirer la bourre en ont profité pour finir à toute vitesse le livre de math, d'autres lisaient mollement, et moi je glandais entre deux romans pour enfants.
Il faut savoir aussi que du point de vue de l'organisation, c'était n'importe quoi: les enfants sont censés suivre un programme écrit sur des fiches. C'est à dire que quand tu as finis la fiche 3 de géométrie, tu passes sur la fiche 4 où est écrit la leçon et les exercices que tu dois faire. Sauf qu'il n' y a qu'une fiche. Tu passes ¼ d'heure à checker tous tes copains pour trouver qui a la fiche, tu lui demandes si tu peux lui emprunter, souvent non, ensuite il faut que tu trouves le livre de géométrie, mais quand il n'y en a que un ou deux pour toute la classe, il faut attendre que celui qui a finit te le passe, bref, même avec les meilleures intentions du monde, tu finis souvent par passer ton temps à attendre de pouvoir travailler, sans compter les allées et venues qui favorisent la concentration déjà tellement profonde des enfants de huit ans, imaginez.
En plus, il n'y a pas de leçon magistrale: jamais la maîtresse n'explique à toute la classe en même temps ce que sont les divisions par exemple. Et que tu te retrouves à essayer de comprendre par toi-même comment ça marche, sans profiter des questions des autres, ou de l'émulation naturelle de la classe. Sans oublier que ce système suppose que tous les enfants savent lire parfaitement, puisqu'il faut lire la leçon tout seul, ce qui est loin d'être le cas.
Comme la maîtresse n'a évidemment pas le temps de s'occuper de tout le monde et qu'en milieu d'année certains parents commencent à se rendre compte que leurs mômes n'auront jamais fait une fraction avant l'été, il faut trouver une solution. L'instit décida alors de faire des tandems: je me retrouvais sous la coupe d'une copine qui devait m'expliquer les maths. C'était ma meilleure amie l'année précédente, je trouvais humiliant de devoir lui demander de l'aide et j'essayais au maximum de louvoyer pour éviter d'avoir à faire des calculs.

Moi la bonne élève, je finissais l'année avec l'impression d'être nulle, bête et inapte.
L'ironie de l'histoire, c'est que cela recommença l'année d'après. La maîtresse de 7ème, en cachant bien son jeu aux parents (elle passait seulement pour « sévère »), appliquait exactement le même genre de système. Je me braquais d'entrée contre les fiches à la noix, et je passais le reste de l'année collée au tableau avec les deux autres cancres de la classe. L'avantage, c'est que pour les cancres, étiquettés « incapable de s'occuper d'eux-mêmes », il y avait un programme hebdomadaire très précis à suivre. Certes, j'étais dans la catégorie des nuls ; mais je m'en foutais, grâce au soutien indirect de mon instit de 10ème qui suivait tout ça de loin (merci à Mme Génin si elle passe un jour par là). Même si mon orthographe (à l'époque bien meilleure qu'aujourd'hui) et mes dons dans le calcul des durées (on a passé une année à additionner des minutes et des secondes comme si on avait tous vocation à devenir chef de gare, bref) m'a souvent valu le doute (« Sur qui as-tu copié? Comment as-tu fais pour avoir une bonne note? ») tellement valorisant de mon institutrice.
J'arrivais en sixième avec des lacunes énormes en mathématiques, parce que c'était la seule matière que je n'étais pas capable d'apprendre toute seule. C'est grâce à deux amies que j'ai réussi à traverser le collège sans trop d'encombres, le midi elles me faisaient mes maths et moi leurs explications de texte et les dissert d'histoire.

La pédagogie Montessori s'est révélée pour moi une catastrophe. Les enfants en format standard ne sont pas aptes à prendre en charge eux-mêmes leur apprentissage. La plupart des mômes ont besoin de coup de pied au cul pour avancer, d'émulation, de pouvoir se comparer aussi. Les timides ont beaucoup à apprendre des questions que pose le nerd à lunettes, les activités communes mettent de l'ambiance et fabriquent « une » classe, cette entité spéciale où chacun à son rôle et qui peut être tellement chouette.
Ceux qui ont de vrais problèmes peuvent évidemment tirer bénéfices de cette méthode avec un intervenant spécialement attentif à leurs difficultés, mais c'est impossible à faire si vous avez une classe entière à vous occuper. Il faut aussi savoir que cette pédagogie suppose une véritable adhésion des parents, car l'autonomie de l'enfant dans tous les cadres de la vie est vérifiée à l 'école: on nous a demandé si on se lavait seul et sermonné quand la réponse était négative.
Cela repose aussi la question du rôle de l'école: est-ce qu'elle doit éduquer vos enfants, ou leur apporter des connaissances, en laissant l'éducation aux parents?
Autant vous dire que pour mon frère quelques années après, mes parents ont fait des demandes très précises à la direction sur les classes qu'il fréquenterai. Et si j'ai un jour à élever des enfants qui ne présentent pas de difficultés spéciales, ils n'iront jamais dans une école Montessori.
13:11 Publié dans Les confidences du dimanche | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
What is it? (résolu)
Qu'est-ce que c'est? Un point en jeu!



10:02 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
12.05.2010
Frühe Stückchen
Ma machine à café est morte ce matin*.
Il a bien fallu en racheter une.
J'en ai profité pour m'offrir ça:

Je sais, j'entends vos cris de joie et vos soupirs d'émotion d'ici, retenez-vous je vous prie.
(et sinon au Kaufhof de chez moi c'était 1 euro la paire de boucles d'oreilles aujourd'hui, il faut pas me lâcher dans les boutiques quand j'ai un article à écrire!!!)
17:44 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.05.2010
Hunger, hungrig, wieder
La dette de Berlin atteindra les 70 milliards en 2013, nous disaient les journaux aujourd'hui. Même pas besoin de la crise et de l'euro pour être dans les choux!
Pour économiser des sous dans un premier temps, et vu que de toute façon c'est pas le trafic d'affaire qui va embouteiller les aéroports, Tempelhof a été transformé en parc comme nous le raconte Mademoiselle K. Je suis passée à côté samedi, et je vais bien essayer de récupérer mes rollers... Même si je n'ai toujours pas digéré les 300 euros qu'il a fallu sortir pour avoir le droit de tourner une heure sur le tarmac, je ne sais pas s'ils espèrent combler la dette comme ça, mais ça risque de prendre du temps.
De toute façon il n'y aura pas de baisse d'impôt: Merkel l'a dit hier, et hop qu'elle a enterré d'un coup les promesses électorales du FDP. On prend un pari? la coalition ne finira pas la législature (mise de base: une carte postale).
Cela n'empêche pas le FDP de ne pas refuser une Ampelkoalition en Nordrhein-Westfalen, comme quoi ce n'est pas la défaite qui fait le poids électoral, oui je répète ce qu'on me dit, j'assume.
Tant qu'il se passe des choses c'est bon pour nous en plus. D'ailleurs, un avertissement: si vous voyez une personne qui marche en rond pas loin d'une caméra en parlant fort toute seule et en faisant des grands gestes, c'est probablement un journaliste en transe qui se concentre avant son intervention, alors chuuut.

19:29 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.05.2010
Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel
ça ferait un bon titre de chanson, non?
Mais en fait il s'agit juste d'illustrer un peu mieux le jeu politique allemand, qui nous offre à chaque nouvelle élection une variété colorée de coalitions diverses.
Car en Allemagne, on ne désigne pas les partis seulement par leurs acronymes, ils ne sont pas non plus symbolisés par des animaux (quoique la CSU en vache, le SPD en cochon et la CDU en, euh, otarie? belette? poisson-chat? ce serait pas mal, bref), non non, on les désigne par leur couleur.
Bon vous allez me dire, il n'y a pas de quoi se tordre de rire, certes, mais pourtant ce code de couleur nous vaut à chaque fois des discours incompréhensibles si on ne sait pas de quoi on parle.
Alors d'abord, qui est quoi:
Les chrétiens-démocrates de la CDU sont noirs
Les sociaux-démocrates du SPD sont rouges
Les libéraux du FDP sont jaunes
Les Verts des Grünen, bah ils sont verts, facile
La gauche de la gauche qui s'appelle La Gauche Die Linke est rouge aussi
Maintenant il nous faut former des coalitions de gouvernements. Alors il y a les classiques noir-jaune, de droite, la schröderienne rouge-verte, la brandebourgeoise rouge-rouge-verte, la grande coalition noir-rouge. Mais parfois les comptes sont cruels, et il faut faire preuve d'un peu d'imagination:
Mais si je vous parle de "coalition de feu rouge", allez-vous voir tout de suite de quoi il s'agit? Alors si vous êtes SPD et que vous n'avez pas assez de voix de gauche avec les seuls Verts, vous pouvez essayer de tendre la main aux libéraux: vous aurez donc Rouge-Jaune-Vert, la Ampelkoalition, c'est à dire la coalition du feu de signalisation.
Si par contre vous êtes de droite et qu'avec les libéraux vous êtes trop courts, il reste toujours les verts: et noir-jaune-vert, ça s'appelle une Jamaïka-koalition. Allez, un peu d'imagination :

Alors oui si on compare avec les résultats de septembre dernier, ça fait une grande différence, puisque le SPD a repris du poil de la bête et que le FDP s'effondre, mais c'est quand même aussi une élection régionale avec des enjeux régionaux, un ministre-président qui a plus fait parler de lui pendant la campagne pour des histoires de sponsoring qu'autre chose.
10:05 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
09.05.2010
Vrac du dimanche
Regarder le documentaire de deux heures de N-TV sur le thème "Deutschland 1933-1945" le samedi soir toute seule, c'est pas une bonne idée ; juste pour rappel, le 8 mai 1945, l'Allemagne a capitulé sans condition: ce n'était pas une armistice, et cela fait une sacrée différence.
C'est la fête des mères aujourd'hui ici : on voyait tout le monde avec des bouquets et même des dames avec des énOrmes médailles -Mama ist der Hamma, comme dirait Harald Schmidt.
Le puissant archevêque d'Augsburg a été viré manu militari de son poste par Benoît XVI himself après que des rumeurs de pédophilie ait été évoquées à son encontre, il faut croire que c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le calice pour le Saint-Père ; le désormais ancien archevêque d'Augsburg s'appelle Walter Mixa (peut-être que vous allez mettre du temps à tiquer, mais moi ça me fait drôle son nom, bref).
Le Bayern a remporté le championnat de Bundesliga pour changer après une dernière victoire à l'Olympiastadion de Berlin face au HerthaBSC, qui fêtait là une autre sorte de record: seule équipe à perdre 16 fois de suite à la maison, elle y gagne une relégation en 2. Liga avec Bochum (mais heureusement Hanover96 passe, l'honneur de qui je pense est sauf :) Et peut-être que le PSG va se sentir moins seul dans le club des capitales qui ont une équipe, euh, en difficulté.
Elections aujourd'hui! Qui de Rüttgers pour la CDU ou de Kraft pour le SPD va arriver en tête en Nordrhein-Westphalen? Quelle coalition va gouverner la NRW? La droite va-t-elle perdre la majorité au Bundesrat, chambre haute du parlement? Que vaudra mon euro demain? Quel temps fera-t-il pendant la Coupe du monde?
Le suspense est à son comble.

17:23 Publié dans Les confidences du dimanche | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
08.05.2010
L'alcool est la réponse à tous les problèmes
temporairement.
(Par ailleurs, ne shootez pas dans les bouteilles de bières ou de limonades posées sagement sur les marches des métros ou les rebords des trottoirs, il y a des gens qui les récupèrent pour se faire quelques centimes de consigne, c'est toujours ça de pris.)
(Et je mange mes pommes de terre froides à la crème de harengs après un hamburger, c'est comme ça)
***
Précision: je me rends compte que je n'ai pas été claire sur ma crème de harengs, en l'occurrence il s'agissait de la crème qui entoure les harengs, qui macèrent avec des concombres et des oignons -ne faîtes pas cette tête, c'est très bon! (et je regrette vachement mes roignons de veau du samedi midi...)

07.05.2010
Des milliers de tapis de cheveux
J'ai développé une allergie à la science-fiction. C'est assez typique des aliments allergènes introduits trop tôt dans l'enfance: il y a un risque que le corps se braque. Et puis il fallait toujours prendre parti, "la science-fiction c'est génial!" "non la SF c'est pourri!", suivit de bagarres titanesques, oui on s'amuse beaucoup chez moi, et à tout prendre, quand on a pas d'autres problèmes à régler que l'intérêt de lire des écrits sur la présence ou non d'extraterrestes volants sur Mars, c'est plutôt bon signe en fait.
Mais comme je suis pas tout à fait obtuse, ni tout à fait honnête non plus, et que quand je m'ennuie je lis plus vite que mon ombre tout ce qui me tombe sous la main, je ne suis pas passée à côté de cet excellent et terrifiant ouvrage (attention l'article dévoile l'intrigue). En fait si je me détourne de la SF c'est surtout que ça me fait vraiment flipper, j'ai commencé trop jeune je vous dis.
En tout cas grâce à l'auteur, Andreas Eschbach, qui vit en France, le secteur a repris du poil de la bête en Allemagne. La SF allemande revit une deuxième jeunesse après les débuts philosophico-moralistes du début du XXème siècle.
C'est marrant parce que la SF colle très bien à la propension allemande à philosopher sur tout. De ce que j'en connais, il y a aussi toujours la volonté de créer un système utopique mais cohérent où les événements s'emboîtent dans une logique implacable: il y a du Kafka et du désespoir là dedans, très loin des avancées avant tout techniques et positivistes de Jules Verne ou de la parabole politique et bien angoissante aussi de H.G. Wells ou Orwell (perso j'ai un faible pour le fantastique du XIXème, il va falloir que j'arrête ce message je me perds toute seule dans mes digressions pas cohérentes, je suis pas encore fit pour la fabrication d'un système solaire à plusieurs étoiles, bref, refermons là cette parenthèse).

Tout ça pour dire que Des milliards de tapis de cheveux, en allemand Die Haarteppichknüpfer, c'est juste un très bon roman. Si j'écris tout ça, c'est parce que je pensais à ce bouquin ce matin: ce n'est pas parce qu'on a l'air d'avoir gagné qu'on a vraiment gagné. Dans le livre, deux personnages s'affrontent pour obtenir une promotion. Celui qui l'obtient en fait perd tout... la vie n'est pas toujours ce qu'elle semble être.
Et maintenant je lis Ein König für Deutschland, ça va combler mes désirs électoraux je crois, et puis c'est la preuve que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis :p
12:44 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
06.05.2010
Why have I decided to become a journalist
... because I LOVE elections evening! The drama, the incertainty, the faces of politicians, the latest results every ten minutes, the prediction and the rest.

23:06 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
A bit further
Autre analyse intéressante sur l'euro d'un ponte de la macro-économie. Prof. Rogoff montre sa propension à aggraver la dette plutôt qu'à résoudre les problèmes des pays plus faibles économiquement. A voir dans les com', une réflexion sur la maladie infantile de l'euro -ou son défaut de fabrication?
Je profite de l'occasion pour revenir sur un sujet qui me taraude: comment faire une politique monétaire commune sans politique économique centralisée? J'ai eu l'occasion de poser la question à un monsieur bien placé dans le monde politique ce matin (oui je me la ramène, c'est comme ça), c'était très intéressant. Une vraie réflexion non-politicienne sur les enjeux de la crise pour l'Europe. Et le monsieur de convenir, à la fin, "qu'on devrait aller vers une harmonisation des politiques sociales".
Cela semble une évidence, mais elle ne l'est pas: la démographie de chaque pays est unique, et comme le système de cotisations retraites est national, les problèmes qui se présentent sont spécifiques à chaque pays. En d'autres termes, on n'aura certainement pas envie demain que nos nombreux enfants irlandais et français payent pour les vieux Allemands retraités.
L'harmonisation fiscale semble être une bonne idée: si dans tous les pays le système était harmonisé, nous aurions une grande zone avec une compétition fair-play. Oui, sauf qu'il suffira à un canton suisse ou à un pays limitrophe et non-européen de faire un peu de dumping fiscal pour attirer des entreprises.
Bref, tout cela est sans doute un tissu de bêtises mais comme on entend de tout partout, c'est difficile de savoir que croire quand on n'a pas les connaissance de bases.
17:41 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Lesenordnung
Ici en Allemagne on aime bien les règlement, Hausordnung et autres joyeusetés. Et comme un commentaire précédent m'a fait sortir de mes gonds et que mon humeur actuelle varie entre la déprime pluvieuse et le massacrant printanier, je m'en vais faire une petite liste:
1. Ce blog c'est chez moi. Donc on s'essuie les pieds avant d'entrer et on dit bonjour à la dame.
2. Comme en général vous n'avez jamais parlé à la dame en question, vous évitez le "eh Caro, ça boome?" parce que la dame, elle aime pas ça, en plus elle ne s'appelle pas Caro, jamais, c'est bien compris, où je bannie l'IP coupable.
3. La politesse et l'amabilité sont deux conditions indispensables à la vie en société. Alors le commentateur qui ne se lâche ici que pour dire une vâcherie, il a qu'à aller voir chez les Grecs s'ils ont de la monnaie.
4. Personne n'est obligé de lire ce blog. Il ne me vient pas en mémoire d'avoir traîné par l'oreille un internaute en lui mettant la figure sous l'eau froide jusqu'à qu'il s'abonne ici. Mécontents s'abstenir.
5. Il arrive que j'écrive des messages qui n'appellent pas de commentaires, d'ailleurs dans ce cas je ferme les commentaires. Je les écris essentiellement pour moi, pour sortir quelque chose que j'ai sur le coeur, et le truc de ouf, c'est qu'en général ça va mieux après. Ils sont libellés de façon à les reconnaître et s'ils ne vous intéressent pas, libre à vous de les laisser de côté.
6. Bon, ce n'est pas pour un commentaire désagréable que j'en oublie tous mes lecteurs adorables, réconfortants et fidèles, hein ;)

Ô le joli mois de mai
Comme il fait ce temps là,
J'ai décidé de manger ça:

05.05.2010
How I disappeared (but not really)
Je suis lasse
Fatiguée
J'ai dormi 18h
J'en ai marre de plein de choses, je voudrais que cela s'arrête de tourner autour de moi
Marre d'être stupide, et inutile
De remplir du papier entre les pubs
De ne rien fabriquer, ou construire
Je cherche, mais je ne sais pas quoi
Je ne peux pas trouver
J'aimerais au moins sentir que je suis au bon endroit
Apprendre encore
Ne plus tâtonner bêtement dans la noir
Faire quelque chose de constructif

Au moins je rejoue, tout n'est pas perdu
20:24 Publié dans Crise de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Il fallait bien que ça arrive



16:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04.05.2010
Bizarre
Bizarre de partir avec 25°C et de rentrer en grelottant
Bizarre d'avoir l'évier plein de vaisselle, c'est pas mon genre
Bizarre de voir les arbres chargés de feuilles lourdes et vertes, et de voir les gens en bonnet
Bizarre de checker son compte en banque et de constater que le mensuel pour lequel tu bosses a visiblement oublié que tu existais, pour la troisième fois en sept semaines
Bizarre d'avoir passé le week end à bosser sur une très grand article, pour découvrir que ton rédac chef n'attendait visiblement qu'une petite page de ta part
Bizarre d'ouvrir un grand tabloïd et de voir un article sur une famille parfaite -que tu connaissais avant - le passé frappe à ta porte.

12:35 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
01.05.2010
Samedi, ou bien?
Bosser le samedi, c'est relou
Mais bon c'est tout de ma faute, j'avais qu'à le faire avant
Pour parler d'élections qui sont capitales, mais ce ne sont pas celles auxquelles vous pensez
Alors que les voisins boivent du Pimm's et font un barbecue
Mais heureusement j'ai trouvé un adapteur pour mon ordinateur
Alors je peux bloguer avant de finir mon article
Ne pas me laisser trop chatouiller par l'odeur des grillades
Week end abroad... for a change!
30.04.2010
Toujours pareil
Intéressante analyse sur Slate de Christopher Hitchens sur la situation de l'euro.
Est-ce que l'euro va mourir? Sans doute non. Pour des raisons pratiques d'abord: ce serait un bordel sans nom de revenir en arrière, et les Allemands ne sont certainement pas prêts à payer pour ça. Mais il est presque sûr que aucun pays nouveau n'y entrera, et que je pense que c'est toute l'idée de l'Union Européenne qui vacille sérieusement. On se rend compte qu'il ne suffit pas de le clamer haut et fort pour être potes et bien s'entendre, et que les disparités sont trop fortes entre les pays pour avoir une politique économique commune.
En attaquant les exportations allemandes, Lagarde a fait une belle boulette, mais elle a aussi mis le doigt sur une vérité: chaque pays fait sa sauce dans son coin et se démerde tout seul.
Or sans politique économique commune, que vaut la monnaie? Que vaudrait l'euro sans les exportations allemandes justement? Et dans ce cas, qu'est ce qui justifie que les autres pays volent au secours de celui qui a merdé?
La chancelière l'a dit : payer pour les Grecs "est très douloureux". C'est tout, sauf une aide charitable ou de bon coeur. ça promet aussi pour la suite.
10:19 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.04.2010
Ausweinen
14:13 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Hard time
Ce n'est pas parce qu'une décision est bonne qu'elle est facile à prendre.
Regardez Merkel: elle a hésité, tergiversé, attendu, gagné du temps, mais à la fin, elle va payer pour les Grecs. Parce qu'elle n'a tout simplement pas le choix, c'est ou payer maintenant pour maintenir les Hellènes à flot, ou payer plus tard quand les banques allemandes, exposées à hauteur de 20 milliards d'euros, auront commencé à se casser la gueule, ou quand les marchés auront plongé, ou quand l'euro sera dans les chaussettes du dollar.
Donc finalement hier elle s'est rendue à l'évidence, et elle va aligner, de mauvaise grâce et en faisant la moue, certes, les 30 milliards nécessaires pour éviter l'écroulement définitif du Parthénon. Son idée première c'était d'attendre que soient passées les élections en Rhénanie, où la CDU est en petite forme.
Car l'électeur allemand n'aime pas le Grec, et la Bild lui explique en long, en large et en travers pourquoi: le Grec est voleur, ne paye pas ses impôts, a une retraite exagérée ou il glande tout simplement. Cette campagne populiste est du meilleur effet, vous imaginez, sur le pauvre Teuton accablé de travail (le taux de chômage a subitement baissé en début d'année, tombant à 8,1%, nous apprend le ministère ce matin).

Time of no reply
09:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.04.2010
Une exception
On bute dedans quand on parcourt Berlin à pied, et c'est justement leur nom: Stolpersteine, les pierres sur lesquelles on trébuche.
Elles vont presque toujours par deux, souvent par quatre, et nous parlent, avec un nom et deux dates, de l'anéantissement de familles entières.
En marchant dans la Skalitzerstrasse sous le soleil, par habitude, j'ai lu le nom des gens disparus.
Et là je l'ai vu, l'exception, que j'ai photographié:
Überlebt: a survécu
Après la guerre Margot Bendheim a épousé un monsieur Friedlander et des années plus tard, a raconté son histoire (p.11 du pdf), et ici dans le Berliner Morgenpost.
Dimanche dernier, c'était la journée du souvenir des déportés.
15:03 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.04.2010
Ein bisschen Werbung
Là j'ai juste mal au crâne, envie de pleurer et de dormir, et pas de rédiger 19.000 signes d'ici vendredi.
Mais il faut voir le bon côté des choses: la pluie a fait leur sort aux pollens, et pour la première fois depuis trois semaines je n'éternue plus.
Et puis comme je ne suis pas une tour branlante et que je ne me laisserai pas abattre, voici de quoi ensoleiller la journée:


29,- euro avec l'assurance contre le vol incluse"
Juillet 2009, après l'histoire du vol de la voiture de fonction du ministre Ulla Schmidt pendant ses vacances en Espagne

Avec l'aimable participation de Heino et Roberto Blanco

14:24 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
25.04.2010
Pourquoi, tout de même, je suis une fille géniale
J'ai bien cru que j'allais frapper quelqu'un. Quand coincée dans la queue du contrôle des bagages, cinq gros imbéciles heureux aux crânes rasés et aux faux t-shirts "3ème mi-temps" se sont mis à déverser leurs poches en parlant trop fort sur le tapis roulant, j'ai cru que j'allais me transfromer en justicière et leur balancer des cartes de visite entre les deux yeux*. Heureusement que j'avais un peu de Morphine en injection auditive pour faire passer le tout.
C'est qu'après avoir changé trois fois la date de mon billet, la voiture commença par nous demander de vérifier la pression des pneus à cinq kilomètres de l'aéroport (et elle est où la Deutsche Qualität alors?). Puis le choc: des files interminables devant le guichet des enregistrements, et hop que tu te fais doubler par des retraités à la %µ$$£ qui arborent fièrement leur polaire New Zealand en plus, les connùù££^. Oui je sais j'avais qu'à m'enregistrer online, ça m'apprendra, me jetez pas de cailloux en plus. Après 25 minutes d'attente sans bouger d'un iota, on nous a appelés, et en plus ils ont gueulé quand je les ai redoublés et que j'ai réussi à planter mon passeport sous le nez d'une employée tremblotante, parce que moi aussi, après 10 jours d'attente, je peux crier très fort, et d'abord c'est qui qui paye ta retraite, tu me le rappelles?
(Petit rappel à moi-même: ne JAMAIS prendre l'avion le dimanche, c'est que plein de famille et de vieux pas pressés qui ont jamais pris un low cost de leur vie, sans compter la fifille à papa et maman qui part en Erasmus qui a pas compris que c'était 20 kilos pr personne, même pour deux valise -je sais, moi aussi je me suis plantée la semaine où ils ont changé les règles).
Et qu'en plus dans la queue des contrôles à 8h10 la dame de derrière te demande de doubler (again) "parce qu'ils ont leur vol à 8h20" -bah demain j'espère alors pour toi, parce que tu vas jamais le choper ma poule! La dermière fois que t'as pris l'avion c'était en Caravelle?
Petit interlude: depuis que je suis devenue une fille hyper cool et super zen et que je dis aux gens "très cher, discutons de ce problème épineux demain une fois qu'un sommeil réparateur nous aura fait reprendre nos esprits", et même que je m'engueule avec ma parenté qu'après quinze jours de vie en communauté, j'ai fait des progrès incroyables en matière de maîtrise de moi. Mais il faut forcément que ça ressorte à un moment où l'autre, il faut juste éloigner les objets coupants en prévision de l'éruption. Il y a définitivement quelque chose d'islandais chez moi. Merci de votre compréhension.

C'est alors que se manifestèrent les cinq andouilles bedonnantes au crâne rasé, qui s'interjetaient avec la pudeur et la délicatesse caractéristique de ce genre de personnages, à coup de "oh toi ma poule tu te ramènes quoi" et présentèrent tous en même temps les cinq billets à la préposée un peu surprise par l'empressement des gros-plein-de-bière, qui trouvaient visiblement fendards d'enlever leur ceinture devant des meufs. Alors que j'étais en train de calculer par lequel j'allais commencer et si j'avais le temps de l'étrangler proprement avant qu'intervienne la police, on m'aboya d'enlever mes bottes "comme toujours mademoiselle, et si, faut pas protester" - ah ouais, bah non, si t'allais visiter d'autres airports tu le verrais, tiens. C'est alors que j'eu droit à un contrôle de mon sac, pour changer et faire bonne mesure, tant qu'on y est. Mais l'employée devait être physionomiste, et repérant l'état de bouillonnement de mes cellules, fut d'une gentillesse et d'une politesse à toute épreuve. Et donc, pour information, un saucisson, c'est considéré comme une masse liquide aux rayons X, tenez vous-le pour dit et préparez votre paille.
Bon, autant vous dire que j'ai pas été la plus aimable quand ma voisine d'avion attendit la dernière seconde et que la porte de débarquement soit déjà ouverte pour me demander avec son accent chantant quel chemin prendre pour rejoindre Stadtmitte en me retenant en otage près du hublot (note à moi-même: toujours prendre la place allée). Quand on est provinciaux on prend pas le métro si on sait pas lire le plan j'ai failli lui dire, je sais je suis un monstre (d'ailleurs je viens d'être puni puisque j'ai renversé mon café brûlant sur mon sac, vous voyez qu'il y a une justice).
Bref. Le train changea de direction en cours de route, j'ai pas été payée par le monsieur auquel j'ai déjà envoyé deux fois ma facture, mais les factures que je devais ont été honorées, il fait beau et présentement, je suis sur mon balcon sous mon chapeau avec le printemps qui recommence: de l'avantage d'avoir quinze jours de retard sur les contrées occidentales de l'Europe, je revis ma saison préférée. Mon appart chéri n'a jamais semblé plus beau, lumineux, grand et agréable.
Ah oui, et pourquoi je suis une fille admirable? Parce que quand au retour de 17 jours d'absence par réflexe tu ouvres la poubelle pour jeter un truc dedans, et que tu t'aperçoies qu'elle est vide et garni d'un tout propre et nouveau sac, moi je ne peux retenir une larme émue en remerciant le moi d'il y a deux semaines qui a pensé à la flemme du moi d'aujourd'hui. Oui, je suis géniale, je sais.
13:01 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
22.04.2010
Pauvre Bilal
On ne parle que de lui, le pauvre Bilal, celui qui voit rouge. C'est qu'il a vraiment eu une saison pourrie: des blessures depuis l'été, une grosse prise de tête avec Rummenigge sur le ton "je te tiens par la barbichette, non tu ne partiras pas". Et pendant ce temps Bilal il essayait de faire pleurer dans les Zelt (tentes) de l'Oktoberfest en soutenant que sa femme elle veut le soleil du sud, tu comprends.
C'est marrant, mais je me dis qu'il doit y avoir au moins quelque chose qui lui fait plaisir, à Rummenigge, quand on constate ce que Bilal il a fait à sa femme finalement.
La Bild, pleine de considération, s'intéresse d'ailleurs avant tout au sort de cette pauvre Wahiba, qui partage au moins avec la femme de Tiger Woods la chevelure cendrée, et qui est courageusement allée soutenir son coureur de mari dans l'arène bavaroise.
Bon, un carton rouge plus tard le Boulonais va être mis au vert par le staff, qui est d'une discrétion de violette sur leur joueur capricieux. Car la looooongue absence de Bilal des terrains depuis l'été dernier a permis de faire sortir plein de bons joueurs, et de prouver que personne n'est irremplaçable, pas même un Ribéry.
Ah oui Bilal c'est le petit nom de Frank depuis qu'il s'est converti à l'islam pour sa douce et courageuse épouse.

(PS: ceci est une interprétation libre du direct que j'aurais eu plaisir à livrer à la télé si j'étais plus près de Berlin)
(PS2: j'ai failli intituler ce message "Vazy Franky" mais j'aide la décence tout de même)
Et pour finir et ça n'a rien à voir, je trouve qu'il eût été dommage que les germanophones d'entre vous soient privés de cet indispensable article du Spiegel Online, à lire exclusivement avec un café à portée de main bien sûr.
21.04.2010
On time
Quelqu'un en profite, c'est pas possible. 226 ou 239 euros pour faire le trajet en 8h30 et avec escale entre Paris et Berlin, merci la Deutsche Bahn et sa grande copine la SNCF, le rail c'est écolo et ça rapporte on dirait.
Mais comme finalement le nuage-qui-est-toujours-là ne gêne visiblement plus personne, il suffit d'attendre patiemment de trouver une place libre sur un vol pour rejoindre les asperges brandebourgeoises.
Quelle manque de chance tout de même de louper une demie-finale de Ligue des Champions en plein scandale prostituo-champs-élyséens feat. équipe de France, le timing n'est pas mon fort.
envie de rentrer dans ma maison
17:22 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20.04.2010
J'veux pas dire, mais...
donc je devais rentrer mardi dernier après cinq petits jours passés à Paris entre rendez-vous boulot et cafés au soleil. Jusqu'à ce que j'arrive à m'incruster à une réunion le mercredi matin, et qu'en conséquence je déplace mon vol au vendredi, vous connaissez la suite.
A cette réunion je proposais au monsieur qui nous recevais deux thèmes de débat: de l'importance du lien social dans une entreprise européenne, ou l'avenir des transports et spécialement de l'aéronautique. Quid de l'avion dans un monde sans pétrole? Les trains rapides vont-ils supplanter l'avion en Europe? L'abondance de la communication virtuelle va-t-elle rendre le déplacement physique moins nécessaire?
"Mmmm", dit le monsieur, "le sujet sur les transports ce ne sont que des projections et des supputations à long terme. Je préfère le sujet sur le lien social".
Bien bien, je le notais sur mon petit calepin.
Le lendemain un 'tit volcan islandais explosait et nous montrait à tous que l'avenir des transports, c'est demain, ah non merde, aujourd'hui en fait qu'il faut s'en préoccuper!
11:20 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.04.2010
ça pourrait être pire... et ça en devient presque drôle
Toujours sous mes pénates familiales, entre poulet rôti et ciel bleu, il y aurait pire. Certes, le timing est méga pourri -mais il faut faire la part des choses.
Il y en a une en tout cas pour laquelle cela vire carrément à la farce, et franchement, j'aimerais bien être aussi du voyage: c'est notre chère chancelière, détournée comme beaucoup par l'éruption de l'Eyjafjallajokull (à vos souhaits). Partie de Californie vendredi matin, elle a été déroutée sur Lisbonne. Elle a pu quand même rejoindre Rome à bord de son avion, avant de se lancer dans un périple automobile à travers la Toscane vers les vertes plaines du Brandenbourg. Les journalistes et l'équipe dans un bus derrière, elle devant. Las! Une des roues du bus se déglingue, et ralentit tout le convoi. A l'heure actuelle, la chancelière des petits pas se rapprochent sans se presser de la frontière germanique à travers l'Autriche. Disons qu'une scientifique au sang froid peut prendre se genre de chose avec philosophie, je ne sais comment réagiraient d'autres gouvernants plus sanguins...

-100g de sucre
-1 sachet de sucre vanillé
-2 gros oeufs
-1 pincée de sel
-1 cuillère à café de rhum
-60g de noix cassées (ou de poudre d'amande)
-120g de farine (ou 60g/60g de farine/fécule)
-1 sachet de levure sèche (ou 2 si vous avez de la levure allemande, merci à Vanessa pour le tip)
Préchauffer à 175°C
17:41 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.04.2010
De l'influence d'une éruption volcanique islandaise sur l'humeur globale europeenne
Coincée à Paris par l'annulation des vols
Juste quand on va fêter avec les Genevoises les trente ans d'une amie à Berlin
En pleine grève de la SNCF
Avec l'ordi de la maison qui vient de décéder subitement
Juste envie de pleurer - peux même pas bloguer correctement
Sous un ciel bleu insolent, et seule
Pour me consoler je fais des ochterlammala (précisions à venir)
12:36 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
12.04.2010
Stalking

07:25 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
07.04.2010
Rappelle-toi Sarah Connor
Si je vous dis Sarah Connor et que ça ne vous dit rien, alors il faut se demander où vous avez passé la fin des années 80. Si par contre ça résonne dans votre crâne, c'est probablement parce que vous avez un petit faible pour notre Österreicher Governator.
Mais il y a une autre possibilité: peut-être que, comme moi, vous avez un penchant certain et malheureux pour la Bild et que vous chantez déjà à tue-tête "From Sarah with Looooooooove...."
Et oui, seule l'Allemagne pouvait nous offrir une chanteuse blonde, germaine, anglophone et qui porte le nom d'un personnage de science-fiction:

(voui voui je sais je devrais me reconvertir en journaliste germaine-people, je serai Perza Hilton et je deviendrai une pipeau-le moi-même et j'aurais plein de sous et tout... bref)
* et je néologise si je veux, d'abord
17:22 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
06.04.2010
Message à caractère pas du tout informatif
Depuis quelques temps il m'arrive un truc bizarre: j'ai plus de sous. Pourtant j'ai l'impression de travailler, mais il semblerait que ce ne soit pas assez. Je ne sais pas d'où vient le problème, alors que dans les faits rien n'a vraiment changé. En plus j'ai l'impression d'être une mauvaise citoyenne, car après tout on le sait tous, il faut piger plus pour gagner plus, le refrain est bien intégré.
Il se trouve qu'en contrepartie, j'ai du temps libre, et j'en ai très bien profité. Je ne me plains pas, il y a toujours un revers à la médaille, et j'ai fait mon choix en tout connaissance de cause. Mais dans ces cas là, des visions étranges m'assaillent: c'est comment de travailler pour de vrai dans un bureau, cinq jours sur sept, avec des vacances prévues à l'avance? D'avoir des sous de nouveau? Est-ce que je survivrai, coincée sur ma chaise 8 heures par jour? Je me vois faire mes courses le week end avec la foule. Déconnectée totalement sur la plage. Avec un gros pincement au coeur quand se produiraient des événements, que je regarderai en spectatrice de l'autre côté de l'écran.
Oui parce que, bien entendu, l'hypothèse d'être un jour embauchée dans mon secteur a disparu depuis longtemps.
L'an dernier j'avais rencontré un rédac chef avec lequel on avait parlé des perspectives, et du destin presque inévitable des filles à quitter le journalisme vers leur 30 ans. Il m'avait dit que j'y échapperai sans doute.
Peut-être. Mais en attendant, il faudrait qu'ils nous donnent assez de travail pour pouvoir vivre correctement, et ne pas lorgner, triste et envieux à la fois, vers des jobs moins funs -mais mieux rémunérés.
14:54 Publié dans Crise de foi | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Une femme au volant, la réussite au tournant
On a dit -moi- beaucoup de choses sur les femmes allemandes, coincées à la maison et mises au ban du monde du travail. Et bien je viens de découvrir un brillant et inspirant contre-exemple en la personne de Bertha Benz. Née en 1849, Bertha Ringer devient en 1871 la partenaire d'un inventeur en faillite du nom de Karl Benz. Elle l'épouse, lui fait 5 enfants, et en femme d'affaire avisée, repère le manque d'esprit marketing de son cher mari. En 1888, elle embarque ses deux fils aînés pour rendre visite à leur grand-mère à Pforzheim, distant de 106 kilomètres de Mannheim où vivent les Benz. Elle met une journée à faire la route, sous le regards effrayés des Badois du chemin, change une courroie, peine dans les côtes, mais triomphante, envoie un télégramme le soir à son inventeur de mari.
Elle lui donnera des conseils utiles sur l'amélioration de son invention, sur laquelle elle contribue à attirer l'attention. Un couple, deux partenaires, une belle combinaison.
Une bio vient de sortir sur cette femme étonnante que je lirais bien (quand j'aurais fini mon incompressible pile de bouquins...)

12:11 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.04.2010
Vrac de Pâques
La Bild annonce deux millions de touristes dans la ville pour le plus long week-end de l'année ;
j'ai les pieds en compote d'avoir fait le guide, mais qu'est ce que c'est bien d'avoir du beau temps et un photographe avec soi ;
l'escalope viennoise de la Markthalle, elle est drôlement bonne, même deux fois en trois jours ;
faire une perm avec une visite à la maison, c'est un peu frustrant, mais en profiter pour faire un direct au 7ème étage devant le Reichstag avec le coucher de soleil, que c'est bôôôôôôô ;
par contre se retrouver à bafouiller devant la cam' parce que tu as l'écho du siècle dans l'oreille, la seule fois où tu as un spectateur de plateau qui parle français, c'est la honte ;
les bruits bizarres de chez moi, ce sont les pigeons qui ont fait leur nid dans la fenêtre de ma salle de bains, et tu te douches au doux son du "rouuuuucouuuuule" ;
ne pas accabler en pensée la Hausverwaltung parce que tu ne reçois plus la télé: c'est peut-être tout simplement que tu as un peu débranché le fil de l'antenne à force de déplacer le canapé ;
se rendre à l'évidence: guider, manger, travailler et bloguer, c'est pas facile à faire en même temps.
(photo à suivre...)
16:19 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
31.03.2010
Ich bekomme Besuch!
Pâques, c'est la saison des visites qui rouvre, et c'est juste génial, surtout quand on a un appart' à soi et un canapé et tout le matériel indispensable (je dis ça, je dis rien).
Mais la visite a un côté sombre: le ménage. Non non non, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que ça doit reluire exprès pour vous, désolée. C'est plus absurde que ça.
Quand tu commences à tousser le matin comme si tu étais au milieu du Sahara et que tes chaussons collent aux carreaux de la salle de bain, sans compter les petits bouts de ton balcon qui viennent décorer ton blanc tapis, tu sais que tu as un problème. Tu lorgnes furieusement vers le beau, rouge et teuer aspirateur "made in Germany" que tu t'es offert pour Noël en te disant que oui, pour Pâques, les moutons vont y passer.
Mais c'est alors que tu reçois le message tant attendu venu d'outre-Rhin, oui, quelqu'un vient! Et là se profile le dilemme. Est-ce que tu t'épuises aujourd'hui à tout ranger et épousseter, alors qu'il pleut un peu, et que tu sais pertinemment que tu devras tout recommencer dans cinq jours? Ouais, c'est clair, tu auras le temps la veille, tu le feras avant que ta visite se pointe, c'est certain.
Et voilà comment on se retrouve à quatre pattes à minuit à essuyer le plancher de l'entrée parce que le reiniger il sèche pas vite au mileu des draps étendus, on se croirait dans les mille et une nuit feat. Cendrillon.
ça m'apprendra.

10:23 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
30.03.2010
Zum fressen
C'est la saison des touristes qui recommence, la ville se remplit de gens avec les yeux en l'air et les mains pleines de plan de métro. Alors pour tous les visiteurs, voici mon petit top ten des trucs à goûter :
-il faut manger un kebab, qui s'appelle "Döner" ici. Vous pouvez demander avec ou sans oignon, sachez que ce sandwich est une invention totalement berlinoise ; autrement il y a le Schawarma (viande frite), ou le Dürüm Döner (pain plus fin), que je vous conseille ;
-la Currywurst, qu'on trouve partout, même sur les vols d'Air Berlin (mais moi j'aime bien Konnopke, que je préfère à Curry 36 sur Mehringdamm, chacun ses goûts, avec ou sans boyau) ;
-obligatoire d'acheter une Bratwurst pour le goûter et de la manger dans son petit Brötchen avec de la moutarde ;
-il faut aller frühstücker (petit-déj), possible jusqu'à 17h dans pas mal de cafés, et goûter au Meeretisch (une crème au raifort pour tartiner, très bon) ;
-manger un Berliner (beignet fourré) ou un Kameruner. C'est gras, c'est sucré, c'est bon ;
-boire une bière, avec ou sans alcool, c'est pas possible de faire sans ;
-acheter du Rotkäppchen (un Sekt est-allemand) et le boire comme si c'était du champ' ;
-boire une Bionade aussi, et du Apfelschorle (mélange de jus de pommes/eau gazeuse)
-goûter au Käsekuchen (cheesecake), il paraît qu'ils sont meilleurs qu'à NYC ;
-commander un Milchkaffee en terrasse sous le soleil, et vous vous sentirez enfin Berlinois!
29.03.2010
Mehrere Fragen
Quand tu utilises une histoire que tu as écrite pour passer à la télé, est-ce déloyal envers toi-même?
Pourquoi y a-t-il du vent et de la pluie juste dans ton dos pour ton direct au 7ème étage devant le Reichstag?
Il pleut, c'est vraiment nécessaire pour faire pousser les fleurs d'été?
Pourquoi au bureau, je n'arrive pas à me concentrer, mais surtout à pouffer de rire toute seule devant mon écran?
Est-il vaiment indispensable que je boive pour deux quand je partage un super dîner avec une copine enceinte?
Pourquoi n'ai-je pas récupéré l'objectif macro???????

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28.03.2010
Balconarbeit
Le problème d'emménager en octobre avec des jardinières et des pots de fleur, c'est que tu poses tout en vrac dans la nuit noire sur le balcon (puisque les précédents occupants étaient même partis avec les douilles des plafonniers, et si). Puis il pleut, il fait froid, le temps se gâte, il y a du vent, les petits plantes tombent toutes gelées du rebord et les pots se cassent, mais comme il fait à peu près -24°C, le simple fait d'ouvrir la porte-fenêtre te congèle jusqu'aux orteils, c'est pas une bonne occasion pour les aider, tu les regardes de loin trembloter sous la neige, les pauvres.
Mais aujourd'hui, il faisait doux, et les bourgeons du rosier commençaient à pousser au milieu de cinq cm de feuilles tassés, il était temps d'agir. Prise d'une frénésie toute printanière, j'ai désherbé, dépoté, rempoté, arrosé, nettoyé, éclairci, balayé -tout reluira pour Pâques, promis.
22:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.03.2010
Tu seras un homme, ma fille
Cette semaine, je suis allée faire connaissance avec un nouveau bébé. Je suis un peu bébé-gaga; j'adore voir le regard tellement plein d'amour que posent les nouveaux parents sur leur enfant, mâtiné de cette lueur d'étonnement magique qui semble dire: comme est-ce possible que nous ayons fait ça?
Alors oui, elle lui a donné le biberon. Est-ce qu'il en est moins aimé? Vous en déciderez.
Mais elle a subit le regard des autres, avec son nouveau-né et le biberon: une mère qui ne donne pas le sein, c'est curieux. Ici on vous dit que c'est mieux pour tout, les allergies, le système immunitaire etc. Et c'est certainement vrai. Après tout, la nature est souvent bien faite: moi, je ne pique pas son lait au petit veau. Ce que j'ai vu aussi, ce sont des femmes épuisées par les réveils nocturnes du petit glouton et qui auraient bien aimé que le papa aient aussi des mamelons. Mais qui ne lâchaient pas l'affaire: qu'aurait pensé leur belle-mère? (true story)
La maternité, c'est un peu comme la confiture. On pense tous qu'on a la meilleure recette et on essaye de convaincre le voisin d'adopter la sienne. Sauf que les fruits sont toujours différents. Et nous n'avons pas les mêmes casseroles. Personnellement, je n'y connais rien. La seule chose que je peux dire, c'est que j'ai vu des enfants heureux quand leurs parents l'étaient. Certaines femmes s'éclatent à la maison, entre les moules à gâteaux et les coloriages. D'autres ont besoin de porter des talons et des tailleurs et d'être, pour quelques heures, autre chose qu'une mère.
Mais quand on a regardé une maman malheureuse s'étioler à la maison, puis, quelques années plus tard, déchirée en restant tous les soirs jusqu'à 23 heures au bureau, on s'interroge bien sûr. Où se trouve la juste mesure?
La différence, c'est qu'elle était en France. Le jour où elle a voulu s'immerger de nouveau dans le monde du travail, elle l'a pu, simplement. Les petits à l'école, elle a retrouvé une liberté qu'elle attendait depuis 10 ans.
Ici en Allemagne, les mamans et les papas peuvent rester jusqu'à 14 mois à la maison (7 mois chacun, ou 12 mois juste pour l'un) avec jusqu'à 1800 euros de substituts de salaire. Puis il y a des crèches qui prennent le relais pour ceux qui décident de retourner au travail. Mais ensuite, l'école ferme encore à 13h. La réforme s'est arrêtée en cours de route. L'école toute la journée, c'est un des grands attraits du système à la française.
Puis il y a la pression de la famille. Puis l'idée, bien ancrée chez certaines mères: c'est quand même mieux pour les petits si maman reste au foyer. Ne leur jetez pas la pierre: quand vous n'avez jamais vu de femme travailler, c'est presque la seule chose que vous pouvez penser.
En Allemagne, 20% des femmes n'auront jamais d'enfants. Record du monde. Pour la plupart d'entre elles, c'est parce qu'elles pensent qu'elles n'arriveront pas à maintenir leur carrière à flot en s'occupant parfaitement d'un enfant. Forcément, elles ne l'ont jamais vu. Et ici, il faut tout faire pour que toutes les chances soient du côté de l'enfant. Autrement, vous êtes limite irresponsables. Je discutais avec un démographe, un peu désespéré: il me disait qu'il ne voyait plus certains amis, qui passaient tout leur temps libre à éveiller leur petit trésor avec jeux éducatifs et stimulation musicale. A 4 mois.
Bon, j'ai fait beaucoup de baby-sitting: il y a des trésors et des monstres, et ils le sont tous alternativement. Mais je peux dire ça parce que j'ai toujours eu des enfants autour de moi. J'ai fait hurler des petites filles avec du savon dans les yeux et j'ai filé des tapes qui me vaudraient la prison dans plusieurs états américains. Mais je n'ai pas peur des enfants (même pas peur, d'abord).
Ici en Allemagne, il y a des gens qui tiennent pour la première fois un bébé dans leur bras quand c'est le leur. Forcément, c'est impressionnant. On veut tout bien faire. On se met la pression. On n'a pas beaucoup d'exemples, on est un peu crédule, on s'angoisse devant les milliers d'histoires qu'on entend. On a peur d'échouer.
Comme avait dit le pédiatre de mon enfance: "Vous avez acheté un livre d'éducation? Non? Vous avez économisé de l'argent! Vous avez une montre? Jetez la! Vous notez les repas de bébés? Arrêtez!"
Mais surtout, n'oubliez pas vos copines -même sans poussettes, on est toujours partante pour un café :)
26.03.2010
Feelings
Je pourrais parler des heures de la douceur de la vie berlinoise quand les jonquilles fleurissent. Les terrasses poussent à tous les coins de rue, les canaux deviennent des promenades et au coin d'un pont, les gens s'asseyent et écoutent une contrebasse et un saxo dans le soleil couchant. Les bières ne sont jamais si bonnes que lors des premières chaleurs. On a envie de glaces, de fruits, de cafés et surtout de temps à ne rien faire, assis avec son journal, à regarder passer les gens. Les vacances, on veut les passer ici, sous le ciel berlinois.
C'est le temps du renouveau, celui de tourner la page. Cela ne fait finalement pas si mal. Et cela permet surtout de faire de la place pour ce qui arrive maintenant.

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25.03.2010
Berliner Frühling
Le soleil, les terrasses, la chaleur et un café, what else?

22:58 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
24.03.2010
Petit manuel de survie à l'intention du spectateur d'opéra
Ne t'offusque pas des groupes hilares en mini-jupes glitter et noeuds pap d'étudiants américains sur les marches
Arrive avant 19h si tu veux avoir le temps de boire ta bière au foyer
N'attends pas la deuxième sonnerie et d'avoir vu le fond de ton verre de blonde si ta place c'est juste celle au milieu de la rangée du milieu du parterre, même si une haie d'honneur offerte par tous les spectateurs que tu déranges, c'est vraiment sympa
Rappelle toi que tu es à Berlin, et qu'une production érotico-sportico-gay pour célébrer les noces de Figaro, c'est normal
Fais alors abstraction autant que tu peux des gloussements des adolescents sus-cités qui n'étaient pas prévenus, eux, les pauvres
Ouvre grand les oreilles et les yeux pour la prestation magnifique de la comtesse Ina Kringelborn
Apprécie l'ovation offerte aux artistes par les classes de lycéens en vacances, qui n'en attendaient certainement pas tant de Mozart!

11:36 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23.03.2010
Leftovers
J'ai toujours la gueule de bois après de bonnes vacances. Ou un vrai bon weekend.

14:18 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Erneuerung
C'est un des moments de l'année que je préfère. On a le droit de jouer avec des choses gluantes et d'avoir les ongles tout noir pour la bonne cause. Les étalages nous font de l'oeil dans les supermarchés, ça sent bon les sous-bois, et quand on ouvre les paquets de terre, une vie minuscule, frétillante, s'en échappe avec bonheur.
Merci à tous mes amis pour les merveilleuses petites choses à planter :)

11:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.03.2010
Just landed
J'ai un peu la tête ailleurs
Je bois une bière toute seule
J'ai plein d'images à trier
Plein de musique à écouter
Just back in Berlin, I'm back for you soon.

23:37 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21.03.2010
Die Berliner
"Les Berlinois mangent de la crème avec à peu près n'importe quoi, y compris la bière, et croyez-moi, la bière est une affaire très sérieuse. Tous la préfèrent avec une mousse épaisse et les femmes, même non accompagnées, n'hésitent pas à en commander à un café. Presque tous les automobilistes roulent beaucoup trop vite, mais aucun n'oserait brûler un feu rouge. Les Berlinois ont les poumons malades parce que l'air est vicié, et parce qu'ils fument trop, leur sens de l'humour paraît cruel à qui ne le comprend pas, et encore plus cruel à qui le comprend. Ils dépensent des fortunes dans des meubles Biedermeier aussi solides que des blockhaus, puis voilent de petits rideaux l'intérieur des vitres pour cacher ce qu'ils contiennent. Une habitude qui résume le mélange typiquement berlinois de l'ostentatoire et de l'intime."
Philip Kerr
La Trilogie Berlinoise, La Pâle Figure

14:21 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.03.2010
C'est le printemps
-Je me suis réveillée trop tôt
-J'ai les yeux qui piquent
-J'ai le nez bouché
-J'éternue en rafale encore plus que d'hab
Je peux donc le confirmer: les tilleuls fleurissent, et le printemps est là!
(et oui, il y a du soleil, il fait super doux, et non, je ne m'en plains vraiment pas!!)
09:17 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17.03.2010
Kinder
Elle était toute petite, cavalant pour attrapper son métro. Elle ne pesait même pas le poids de son sac. Je la regardais courant d'un pas décidée, si vite et si minuscule.
On ne voit pas souvent d'enfants à Berlin. Il y a des bébés, des jeunes adultes, des vieux jeunes, mais pas beaucoup d'enfants. Je m'en suis rendue compte depuis que j'habite à côté d'une école. Je vois ces mini-pousses se chamailler à la sortie des classes, courir devant le tram, des enfants qui ne ferment pas leur manteau par moins cinq et qui glissent après leur skateboard ou sur leur talon en traversant la rue.
On leur met ces charges énormes sur les épaules, des espérances, des ambitions, un passé. Tout ça est bien lourd pour de si petits êtres. L'enfance est souvent cruelle, quand ils se traitent de mots bien trop gros pour leurs petites têtes.
Finalement on a toutes les deux loupé notre métro. Elle a soupiré, si sérieuse sous son paquetage, a regardé son téléphone. J'ai pensé qu'il faudrait laisser aux enfants le temps d'être petit, même dans la grande ville des clubs et des trams noctures, sans téléphone et métro à attrapper.

Le point Milka
Et voilà, je passe ma journée à essayer de composer un message dans ma tête, et boum, il est minuit moins une et je loupe le coche. De quoi aurais-je parlé? Des journaux allemands qui se moquent un peu de Sarko, ou vexés par les attaques de Lagarde sur les exportations industrielles teutonnes. Déjà qu'on leur demande de payer pour les Grecs, mais allez vous faire voir à Athènes, semblent-ils dire. J'aurais pu aussi vous causer du franco-allemand, ce concepte qui n'existe pas, parce que pourquoi plus le franco-allemand que le franco-anglais ou le anglo-norvégien? D'où les Allemands seraient plus proches des Français? (si vous avez une réponse d'ailleurs, je suis preneuse).
Mais en fait, je voulais vous entretenir d'une découverte que j'ai faite. Vous connaissez certainement le Point Godwin transformé par le comique allemand Harald Schmidt en Nazometer. Il s'agit en fait des débats dans les commentaires des blogs, qui dégénèrent en général jusqu'à ce que quelqu'un traite un autre de fasciste.
Et bien pour les discussions instantanées, j'ai découvert qu'au bout d'un moment, on a toujours envie de rétorquer à l'interlocuteur: "Et là, la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu", signifiant à l'autre que là, il se prend pour Ben Hur (ou une marmotte, ou le Yéti, enfin un truc comme ça).
J'ai décidé de baptiser ma découverte Point Milka, rendant hommage à cette grande marque teutonne.
(==>ok, je sors)
15.03.2010
Les moins sympa
Il y a des articles moins sympa à écrire. Ceux où tu passes un week-end à lire des histoires sordides d'abus sexuels, d'enfants violés, de secrets gardés derrière des portes bien closes, des murs hauts et des arragements avec le silence.
L'Eglise allemande a une sacrée gueule de bois, mais elle n'est pas la seule. On remet en cause la libération sexuelle des soixante-huitards, Cohn-Bendit s'exprime dans die Zeit sur des dérives. Comme celles découvertes dans l'école expérimentale Odenwald dans la Hesse, dont il est un ancien élève.
Mais quoi qu'il en soit, ce sont d'abord les institutions religieuses, leur culte du secret, et leur aveuglement qui sont mises en cause. Alors l'archevêque de Vienne relance la question du célibat des prêtres, le pape se tait pour l'instant, la ministre de la Justice réclame de l'argent pour les victimes, et les victimes -bah, les victimes, elles se font connaître pour certaines. Les autres, elles essayent d'oublier. Il n'y aura pas beaucoup de procès. Il y aura peut-être, quand même, un peu de justice.

14:48 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
14.03.2010
D'où je viens
Là d'où je viens, on naît dans des bâtiments historiques
On saute des classes comme d'autres des moutons
Là d'où je viens, on va au caté le lundi, on regarde les scouts le dimanche
On passe nos samedi dans des vieilles maisons où les planchers craquent
Là d'où je viens, le jardin s'appelle parc et les chevaux te regardent
On bronze devant la petite Venise et on danse avec Neptune
Là d'où je viens, les immeubles sont blancs et les trottoirs roses
On fait du vélo sur les contreallées et on échappe à rollers au gardien
Là d'où je viens, on n'est pas des rapides
Comme on a l'histoire de notre côté, on met 22 ans pour parcourir 200 mètres

17:55 Publié dans Les confidences du dimanche | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.03.2010
Wochenende
Rentrer pas trop tard d'une soirée, et profiter encore de la nuit
Me réveiller avec la musique de mon spammeur préféré
Prendre un café tardif, souhaiter un anniversaire au téléphone
Avoir un déjeuner de prévu pour dimanche, regarder la lumière dans les averses
Me prendre pour une jolie ballerine sous la pluie, passer mon temps à sourire
Regarder en arrière et constater avec bonheur les fleurs du chemin poussées sur mes pas

16:28 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
12.03.2010
Le gardien volant
Vue sur le blog de Vincent, l'histoire édifiante de Lutz Pfannenstiel, ou comment les Allemands sont vraiment les champions du monde du voyage.
(Quand je publie plusieurs messages à la suite c'est que je suis en galère sur un article, alors chuuuut.)
09:23 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Again...
Quand c'est le 15 décembre tu te dis "chouette, on rentre dans l'hiver!"
Le 24 décembre, tu penses "un Noël avec, c'est merveilleux".
Le 1er janvier, tu en fais une bataille.
Le 20 janvier, tu fais la fière: "un vrai hiver!"
Le 25 février, tu lorgnes vers tes chaussures de printemps.
Le 12 mars, quand tu vois ça au réveil, tu pleures:

08:31 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.03.2010
Une tête bien faite?
Publicité glaçante de la FAZ en double page dans le Spiegel, en parodie du Ruban blanc, de Haneke:
en bas à gauche: "Michael Haneke, Regisseur"
En bas à droite: "Dahinter steckt immer ein kluger Kopf" (derrière se cache toujours une tête bien faite)
Personnellement, quand on sait quel est le propos du film
(comment la barbarie est inculquée aux enfants à la veille de la Première Guerre mondiale),
je trouve cette publicité franchement inquiétante.
Edit: j'ai donc corrigé l'erreur sur la date, merci pour votre intervention.
J'accepte toujours les critiques justifiées, et c'est encore mieux lorsqu'elles sont aimablement formulées!
18:55 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Il y a un an, Winnenden
Il y a un an, un adolescent tuait 15 personnes dans la petite ville de Winnenden.
C'était la première fois que je travaillais dans le feu d'un fait divers aussi horrible. L'adrénaline dans les veines, je n'avais réalisé que le soir la tragédie qui s'était jouée à 800 km de Berlin.
Alors qu'il neige aujourd'hui sur la Souabe, une pensée pour ceux qui n'ont pas eu la chance de vivre cette année passée.
13:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.03.2010
Conscience
Je sais que je nous dois un article sur la femme allemande, qui aurait parfaitement pu prendre sa place lundi (mais j'étais trop occupée à faire du roller et à regarder des contes de fées).
Il se trouve que je me pose la question de ma légitimité pour un sujet pareil. Bien sûr, en tant que journaliste, je peux vous parler d'une situation, mais il ne faut pas oublier que le regard de l'observateur est toujours biaisé par sa propre expérience. En l'occurrence, je ne suis pas une femme allemande, je ne suis pas une épouse, ou une mère. Sur un sujet aussi sensible, je ne voudrais pas être amenée à blesser, ou surtout, à dire des choses sur lesquelles je manque de recul.
C'est une conversation avec mon amie E. qui m'a fait réaliser les écueils que je dois éviter. Il se trouve qu'à 20 ans, on avait plus ou moins le même rêve: un couple, une famille, un job sans prétention.
Un certain nombre d'années plus tard, on se rend compte finalement que ce n'était pas notre rêve, mais une projection de nous même. Et le chemin que nous avons parcouru nous a montré des choses qui comptaient vraiment: notre travail, par exemple. Je n'aurais jamais cru que mon métier serait si important pour moi.
Alors j'ai un peu peur de donner de façon détournée un avis sur quelque chose que je ne connais finalement pas beaucoup, ou que par exemple indirect.
Je poursuis ma réflexion, et vous allez encore attendre un peu ;)
13:23 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.03.2010
Right there - Spring's coming
Savourer l'air frais du matin
Revoir les terrasses des cafés éclorent
Avoir un week end de prévu
Boire l'apéro sur Skype (cf: ma vie sur Skype)
Faire plateau télé, découvrir les candidats à la candidature de l'Eurovision et une épouvantable émission de gros perdants
Avoir un peu de mal à décoller de Paris, mais sourire tout le long du voyage en regardant le soleil se lever.

22:41 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.03.2010
J'ai six ans
J'ai pas blogué ce week end parce que j'ai six ans
J'ai dévalé les pistes comme quand j'avais six ans
Je vais me ruiner les genoux comme à six ans
Et manger du nutella comme une enfant
Et si tu me crois pas, hein, tu vas voir les photos à la récré!

14:44 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
05.03.2010
Poème
A quoi sert une réserve de poèmes dans ta tête? A détourner ton attention des blagues grasses et crasseuses des Français avec lesquels t'es coincée dans le transport en commun de ski.
(et je me rends compte que c'est bien pratique de ne pas vivre dans sa langue, c'est drôlement pratique de pouvoir se déconnecter parfois)
19:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.03.2010
15h de voyage
Tu pars de chez toi à 6h15, tu prends le train pour Schönefeld;
puis l'avion pour Paris.
Le taxi pour la Gare de Lyon, le TGV pour Lyon.
*Petit café au soleil parce qu'il faut bien profiter de la vie et des copines, tout de même*
Puis le TER, comme t'es claquée tu dors, tu loupes le passage de la contrôleuse-qui-poinçonne-les-billets-qui-ne-sont-pas-au-format-de-la-machine-à-poinçonner, c'est alors que le vrai contrôleur se pointe et te colle 10 euros d'amende devant le regard indigné des autres passagers (merci à eux et à la voisine pour le soutien moral);
tu changes de train en rase campagne, mine de rien il est déjà 18h30.
T'arrives enfin à Bourg-saint-Maurice, le dernier car est parti mais la famille est là, encore une heure de lacets et, finalement, après 15h de voyage, 3 trains, un avion, un taxi et un lift familial, à 21h tu peux manger des pâtes dans la montagne française!
(et je lance une pétition pour la réouverture de la ligne Easyjet Berlin-Lyon sans passer par Londres).
(désolée si ce message est publié deux fois)
03.03.2010
guess where
j'ai retrouvé la glace sur les trottoirs, la neige sous les bottes, la température négative, le vent froid... Ça m'a pris 15 heures, un avion, trois trains, un taxi, un chauffeur (merci!) et une amende. Mais le panorama est incomparable, l'air pur et j'ai même déjà croisé un néo-zélandais! So guess where i am?
(eh les jeunes, je blogue avec un mini et vieux téléphone portable, alors soyez indulgents!)
02.03.2010
Berlin se lève
Il est 6h30 et c'est l'heure de pointe. Les quais sont bondes, les femmes fardées. Les kiosques vendent des cafés et les boulangeries sont ouvertes depuis longtemps. Le ciel s'eclaircit dans la lumiere du matin. Il est 6h30, et Berlin est eveillee!

06:39 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
01.03.2010
hum, hum
Bon en ce moment c'est pas que je ne suis pas efficace mais presque, en plus ce matin j'ai failli pleurer quand j'ai vu la souris tactile de l'ordinateur qui faisait la grève pour cause de décès subit et inexpliqué du driver (et va télécharger un driver quand t'as pas de souris, juste pour voir. Allez, essaye).
C'est juste pas comme si je passais mon temps à écouter de la super musique et à faire des rêves en skype (imagine qu'au lieu de voir l'histoire de ton rêve tu la lis sous forme de dialogue skype, ui, ui, moi non plus je pensais pas que c'était possible, mais si).
Bref, il est temps que je me ressaisisse, en plus il fait beau au moins un peu tous les jours, j'ai bon espoir d'arriver à me faire payer avant juillet mes articles de décembre, voire même à convaincre les impôts que même moi j'ai droit à l'abattement fiscal, après tout.
Allez, un peu de musique pour faire danser ta journée avant un vrai message:
14:13 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
28.02.2010
I'm posting late!
Lecteur, lectrices, je dois t'avouer qu'hier mon estomac dansait la java et mon cerveau la gigue, et ce n'est pas le même rythme.
Mais j'ai quand même héroïquement traversé la grande avenue de mon quartier et vidé ma boîte aux lettres de ses cadeaux dominicaux, et voici quelques photos avec les deux yeux pas en face des trous, heureusement qu'il faisait beau!






27.02.2010
Back and zurück
Il était là dans le métro, avec ses deux énormes valises, son duvet scotché par dessus, son sac en bandouillière.
C'était le dernier vendredi de février. Fin du semestre. On rentre à la maison.
Je le regardais se débattre avec son énorme paquetage, et je me souvenais de moi, partant aussi prendre mon train. Je pensais ne jamais revenir. Peut-être qu'il ne sait pas qu'il sera de nouveau dans ce métro, dans sept ans.
21:54 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.02.2010
Büroplatz frei
A tout hasard: une place s'est libérée dans le bureau commun que je partage à Kreuzberg. S'il y a des doctorants/journalistes/travailleurs indépendants intéressés, je transmettrai les coordonnées, laissez un com' ou un mail.
10:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Akzent
Ja, ja, j'ai un accent. Indéfinissable, ou très français, ou bizarre, ou plein de fautes de grammaire.
Mais alors pourquoi les hotlines sont-elles désormais exclusivement régies par des commandes vocales?? Parce que quand je demande "Konto", on me renvoit à "Vertrag", je parle même pas de "Technische Betreuung", je reprends mon souffle au milieu et faut que je recommence tout.
Alors oui, on a des accents, comment ils font les Bavarois??
ça m'éneeeeeerve!

25.02.2010
Pas pratique
Les Allemands se partagent un nombre limité de noms de famille (même s'il y en a certains qui sont fendards), à l'opposé de la France qui est je crois le pays au monde avec la plus grande variété de patronymes.
Et donc quand la nouvelle ministre de la famille a été nommée en novembre, on avait droit à "Köhler s'exprime", ce qui n'était pas pratique, vu que Köhler c'est déjà le nom du président.
Mais là franchement elle abuse. Comme elle s'est mariée en janvier, elle a décidé de prendre le nom de son cher et tendre époux.
Et maintenant elle s'appelle... Krista Schröder. Ce qui nous donne des hallucinations quand tu vois que Schröder est de retour au gouvernement!

Alors des fessiers en béton pour le printemps, oui, mais on va aussi essayer d'éviter la jambe en plâtre.
16:46 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
24.02.2010
Boire ou prêcher, il faut se décider
Pas de chance pour la présidente de la conférence des Eglises protestantes, l'évêque Margot Kässmann. Elle s'est fait arrêter après avoir brûlé un feu rouge à Hanovre. Et elle avait piccolé: 1,54g/l. Bon une femme saoûle c'est moche, un évêque avec un coup dans le nez c'est pas top, alors une femme-évêque, scandaaaaaale*.
Surtout que cette célibataire était accompagnée... et la police refuse pour l'instant de dévoiler le nom de son passager (elle se prend pour Dati ou quoi?)
Ce qui fait prendre à l'affaire des proportions importantes, c'est que Bischöfin Kässmann a beaucoup fait parler d'elle ses dernières semaines. Par exemple en donnant son opinion sur des sujets de société comme l'engagement allemand en Afghanistan et le débat sur l'aide sociale, où elle s'est opposée à Westerwelle. Alors son attitude dangenreuse et irresponsable fait sortir les critiques du bois.
C'est pas une période favorable pour les Eglises allemandes en tout cas. Chez les catholiques, on checke des centaines de cas d'abus sexuels sur des enfants lors des trente dernières années. Les évêques se sont excusés, mais cela ne fait pas une bonne publicité à ces institutions, que les croyants soutiennent ici par leurs impôts, et qui sont des piliers de l'aide sociale.

10:27 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23.02.2010
Avis de recherche
Je recherche, suite à disparition inquiétante, cerveau en bon état. Occasion acceptée.
Le bien proposé devra disposer d'une capacité de concentration supérieure à 15 min, d'une aire du langage spécialement développée, d'une autonomie de 12h et d'un humour soigné (pas de stocks de blagues télévisées des années 80). Elements rhédibitoires: propension au masochisme et au lunatisme, grain de folie (même seulement en germination), imagination surdéveloppée, photo- et climato-sensibilité.
Important: le cerveau en question devra obligatoirement avoir été élevé selon les principes de la féminité et pouvoir dire ingénûment "J'adore être une fille".
Merci.
Tout pareil
Ce qui est bien avec les Allemands c'est qu'il n'y a pas de surprise, c'est tout pareil qu'il y a quatre ans. J'ai du éteindre les notifications de mon téléphone car je n'en pouvais plus d'être réveillée toutes les trois heures par l'annonce urgemment urgente d'une énième médaille d'or dans une énième épreuve où il faut pousser avec des bâtons, quand ce n'est pas de la sensuelle luge de couple:

10:46 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
22.02.2010
Le temps d'attente sera de...
Lecteur, lectrice (on va éviter les petits noms doux si t'es d'ac),
J'ai été une mauvaise blogueuse, vu que je t'ai gratté un message samedi et que là, tout de suite, j'ai un peu la flemme.
Et c'est dommage car j'ai une super idée de message, mais elle nécessite attention, recherche, patience et tact, et en fait, euh, ce soir ca va pas le faire. Par contre toi, lecteur, lectrice, je te mets a contribution. J'aimerais bien que tu me laisses des petits commentaires sur la maternité, l'éducation ou l'image de la femme en France ou en Allemagne. Que ce soit un cliche que tu imagines sur l'autre, une question sur les Germains, une expérience de baby-sitting vécue, quelque petits bouts d'histoires en gros. Et avec ça, je te promets de te concocter un message aux petits oignons.
Pour te donner un peu de quoi réfléchir, j'ai trouvé cet article que je trouve hyper intéressant (au moins).
Merci, Ton hôte la flemmarde.
Ah oui, et une petite bande son :
de quoi te faire réfléchir à l'éducation à la française (te fie pas au son, en fait c'est drôle):
Et pour te faire danser aussi, taper dans tes mains et découvrir l'injustement méconnu mono-niou:
Avec le printemps qui se profile, je trouve que ça sent grave les vacances...
PS: les commentaires sont exceptionnellement modérés aujourd'hui. Patience, j'arrive.
21.02.2010
La débâcle
ça y est ça fond! Hier on a même eu 6°C, genre c'est la canicule, oublions les bonnets.
Mais pas les bottes: il y a de mares sur les trottoirs, des canaux aquatiques sur les pistes cyclables, et des petits monticules de neige sur les côtés.
En plus il y toutes les choses recouvertes de neige depuis le nouvel an qui réapparaissent: c'est pas glop. Le tout recouvert de kilos de graviers, la marche est devenue une course d'obstacle.
19.02.2010
La publicité à la con de la semaine
Pour changer, c'est le fromage qui nous vaut cet amalgame de clichés et de contrevérités aterrantes. J'espère que vous avez enfilé votre béret, c'est parti mon petit:
Et puis si vous en voulez plus, voici une petite BO sur les petites Françaises qui ont un charme fouuuu... même si elles ne sont qu'à moitié pure beurre.
18.02.2010
Donnerstag
Pourquoi le jeudi? Pourquoi c'est le jeudi que les boîtes rendent leurs résultats? Qu'il y a des accords salariaux? Pourquoi c'est le jeudi qu'on a plus d'un papier à écrire, et qu'il y a (encore, c'est épouvantable) un meurtre dans un lycée? Alors qu'on a juste envie d'envoyer des mails, de chatter sur le net, de regarder des video ou de passer des coups de fil, justement?
La seule chose bien, c'est qu'à Berlin, le jeudi après le boulot, c'est déjà le week end :)
17:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.02.2010
Ich bin so Deutsch geworden
(Mais la moutarde est française, quand même!)
16.02.2010
En pleine décadence
Je ne sais pas si tu as remarqué, lecteur, mais j'ai réussi à placer deux fois le mot décadence, ou son dérivé, dans deux notes les derniers jours (et aujourd'hui, ça fait trois).
C'est que la décadence est à la mode depuis que Westerwelle a dit que l'Allemagne était en pleine "décadence romaine" en se fâchant tout rouge.
Que se passe-t-il? (Que se passe-t-il? Mais qu'est-ce qui se passe?)*
Est-ce que Merkel s'est lancé dans les banquets orgiaques à la Kanzleramt? Est-ce que le président Köhler se prend pour Néron? Berlin brûle-t-il? Les barbares sont-ils aux portes, prêts à déferler pour nous manger arrosés de sauce à la crème**?

La semaine dernière la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, plus haute instance juridique du pays, a déclaré que le montant des allocations HartzIV à destination des enfants pauvres n'était pas assez élevé, et que ceci allait à l'encontre de l'article premier de la loi fondamentale qui garantit à tous une existence décente. En conséquence de quoi, elle a exigé plus de sous de l'Etat pour ses enfants.
Il faut remonter un peu en arrière, à Schröder en 2000 pour comprendre ce qui se passe. A l'époque, l'Allemagne était gangrenée par le chômage, la faillite du système de retraite pointait à l'horizon et les déficits publics se creusaient inexorablement (cela ne vous rappelle rien?) Alors Schröder, qu'on aime ou pas, a fait quelque chose de nécessaire: il a réformé. Il a confié une mission d'étude à Perter Hartz, à l'époque dirigeant de Volkswagen (avant de sombrer dans un imbroglio prostitutio-corruption) qui a sorti de son chapeau un plan en 7 points pour changer tout le système d'assurance-chômage et aide aux personnes en difficulté. Et surtout, focalisation de toutes les haines, HartzIV (prononcé Hartz Vier).
HartzIV, c'est la coupe drastique dans le budget des familles qui dépendent de l'aide sociale. C'est un barême obscur qui garantit 359 euros par mois à un adulte, mais pas grand-chose à un enfant. Les gens qui touchent HartzIV sont pris en charge: le loyer et les charges sont directement versés au bailleur par le JobCenter. Ce sont aussi les job à 1 euro, pour remettre les chômeurs sur le chemin du travail. Ce sont les interviews dans la presse de ceux qui disent "Wir sind Untermensch, wir leben von HartzIV" (nous sommes des sous-hommes). Ou de ceux qui disent que travailler revient au même que l'aide sociale, alors pourquoi travailler?
HartzIV, c'est devenu un nom commun. Pour ceux qui le touchent, l'horizon de la pauvreté. Pour ceux qui le payent, une prime à l'inactivité. C'est ce qu'a voulu dénoncer Westerwelle, se plaçant du côté des contribuables pressurés pour payer ceux qui ne foutent rien. Ceux qui cherchent un emploi, les jeunes qui sont baladés de stage en stage, les diplômés de droit qui donnent des cours d'aérobic à 1 euro de l'heure (j'en ai connu une), eux l'ont mauvaise envers l'homme aux cravates. Et pour lui c'est "la décadence", ce système où on peut vivre sans rien faire.
Mais la Cour a eu un autre avis: l'Etat doit aux enfants une existence décente, c'est à dire un revenu minimal qui leur permette aussi d'accéder à la culture et aux loisirs, reconnus dans cet arrêt comme des moyens d'éducation essentiels.
Le débat, c'est celui du rôle de l'Etat et de la solidarité entre les citoyens, qui va durer encore longtemps, car il n'y a pas de réponse simple dans un pays où la tradition sociale remonte à Bismarck.
Mais comme ce n'est pas une raison pour larmoyer et que c'est carnaval, autant en profiter pour rire, avec le vieux et ancien secrétaire général de la CDU Heiner Geissler. Il a précisé les choses en donnant sa propre définition: "La décadence romaine, c'est quand les riches se baignaient dans du lait d'ânesse et que Caligula nommait un âne consul. Nous, cela fait 100 jours que nous avons un âne ministre".
11:30 Publié dans Wettbewerb | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
15.02.2010
Comment cramer ton petit déj le lundi matin
Je me disais bien que ça sentait une drôle d'odeur sucrée pendant que j'épluchais mon broccoli mourant. Finalement il faudra quand même que j'investisse dans un grille-pain:
09:56 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
14.02.2010
Smile on Sunday
Juste après avoir écrit le message précédent, on a sonné à ma porte. Moi aussi, je reçois un cadeau ce dimanche, livré par mon adorable voisin brésilien du dessous, si Dieu existe je lui dirai que c'est une facétie heureuse!
22:11 Publié dans my religion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Plus le temps passe, moins ça passe
J'ai étudié l'histoire. Aussi loin que je me souvienne, c'était ma matière préférée, je n'ai jamais eu l'impression de devoir apprendre, il me suffisait de lire et de me laisser porter par l'histoire.
A Berlin j'ai travaillé sur la montée du nazisme l'Holocauste, la guerre, l'exode des Allemands de Silésie, les hivers d'après-guerre, le mur, les morts du mur, la RDA, la chute du mur, la réunification, les réussites, les échecs, les Allemands de l'est, les néo-nazis.
Pourtant, quand je suis venue ici pour étudier, j'ai travaillé sur l'histoire de Berlin au XVIII ème siècle. Car Berlin, c'est beaucoup plus que les drames du XXème siècle, c'est aussi la ville des idéologies et des utopies, celle des sciences de Einstein, de la musique et des philosophes, le havre des années folles, folles des cultures et de la décadence.
Au début, quand je préparais un article sur la guerre ou l'Holocauste, ou la RDA, je voyais des chiffres, des lieux, des noms de camps, des faits, des théories, des décisions politiques et des lois absurdes, cruelles, atroces, criminelles.
Puis j'ai interrogé des gens. J'ai vu des survivants. J'ai parlé à des victimes.
J'ai commencé à me demander ce qu'avait fait le vieux monsieur croisé dans le train. J'ai regardé mes murs en me demandant ce qui était advenu aux précédents occupants. J'ai écouté mes amis qui n'avaient pas eu de contacts avec leur famille de l'ouest pendant vingt ans. Qui avait vu leur dossier de la Stasi. J'ai vu une vieille femme pleurer en me racontant qu'ils faisaient semblant de ne pas savoir ce qui advenait à leurs voisins.
Au camp d'Oranienburg, soudain, j'ai vu des cadavres dans les sous-sols.
Je n'arrive plus à écrire là-dessus. Je pleure avec les images de ceux qui pleuraient en 1961, de chaque côté de la Bernauerstr. Je me demande comment ont fait ceux dont la famille a été anéantie. Je me demande ce qui m'arriverait si on venait me chercher parce que je n'ai pas la carte d'identité idoine. Plus le temps passe, moins j'ai une approche rationnelle de ces événements, je les ressens, je les vois, je les pleure.
Vous pensez que je suis folle?
Moi aussi.
20:52 Publié dans Les confidences du dimanche | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
13.02.2010
It was cold outside
Et donc on était dans l'Ambassade pour regarder Metropolis. Soirée totalement décadente, à manger des fromages de France et de la charcuterie délicate dans les grands salons au chaud pendant que le peuple se caillait dehors. Une mise en abyme du film complètement bizarre quand même!
Ensuite... et bien ensuite il faut juste retenir que cette ville, c'est n'importe quoi, on rencontre vraiment n'importe qui, et certes les bars encore fumeurs c'est vraiment limite le lendemain quand on se réveille, mais qu'est ce que c'est bien de pouvoir rentrer toute seule à la maison en métro à 4 heures du mat'.
19:26 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
12.02.2010
Interlude poétique dans notre programmation
Jeunes, lecteurs, amis et inconnus,
Il y a plein de choses à raconter, par exemple la neige qui commence sérieusement à nous saper le moral, le franco-allemand auquel je ne crois pas (mais il faut que j'explicite), la coiffure de Sandra Navidi sur N-TV tous les matins (je vous laisse deviner dans quelle rubrique), la défaite des mères selon E. Badinter et ce que j'en pense en comparaison avec les Allemandes, mais comme j'ai pas le temps parce que je fais trop de choses inutiles aujourd'hui (je me cultive, par exemple), je vous laisse avec un moment de poésie à savourer d'ici demain:
13:27 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.02.2010
Il est né le d..euh, le bébé quoi
ça y est c'était en primeur sur les télés du métro hier soir, Sharlély Kessenberg dite Lily Becker a mis au monde le quatrième rejeton du rouquin de la terre battue, son mari chéri, j'ai nommé, Boris!

C'est moi où il aurait pas un peu grossi le Boris?
Ce qui est drôle c'est que l'ex-fiancée du monsieur a elle aussi donné naissance à son premier enfant, une petite fille nommée Nayla Alessandra il y a juste dix jours, bébé qu'elle a eu avec le célèbre comique et acteur Oliver Pocher.
C'est bien, dans 20 ans je suis sûre que la Bild se chargera de les marier!
Ah oui, pour finir, le petit Becker s'appelle Amadeus Benedikt. C'est mieux que Falco XVI!
11:03 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
10.02.2010
Wo komme ich her, wer bin ich, wo gehe ich hin, auf welchem Regal?
EDIT: même si ça y ressemble, le message qui suit n'est pas une pathétique tentative pour recevoir louange et compliments. Nan, vraiment pas! :p
Autour de moi il n'y a que des gens formidables. J'ai une amie juge, des médecins, des grands reporters, des journalistes-mères de famille, une couturière-brodeuse-maman-pianiste émérite, des doctorants comme s'il en pleuvait, des post-doc qui cherchent dur, une banquière qui écrit et joue au théatre, des musiciennes en quatre langues, des agrégés, des gens qui parlent chinois, grec moderne, et aussi grec ancien, et latin tant qu'on y est, des juristes globe-trotter, des informaticiennes-couturières, une éditrice qui parle roumain, que des gens que j'admire, qui m'impressionnent, dont j'envie les talents, l'humilité, la curiosité et la gentillesse.
Parce qu'en plus ils sont tous gentils, d'ailleurs plus les gens sont intelligents, plus ils sont gentils, c'est une sorte de loi humaine désespérante (je promets que je vais devenir super gentille avec tes baskets, Matthias).
Et moi?
Rien.
J'ai pas lu une page de livre depuis trois semaines, j'ai pas agité mes bras à la piscine, j'ai pas sorti ma flûte de son étui, mes articles en ce moment sont nuls, mes photos sont moches (et j'ai pas envie de lire le manuel de mon appareil), j'ai pas d'idée à vendre, j'arrive même pas à finir mon journal du mercredi qui arrive par la poste le jeudi (merci aux très très gentils mécènes de la presse française), j'ai peur que ma machine à coudre meurt de dépression à force de ne pas sortir de sa boîte, mais c'est vrai que je ne sais pas coudre, je ne suis même pas encore allée voir un concert depuis le début de l'année, c'est nul, c'est naze, je procrastine pour tout, comment peut-on être aussi mou?
Je pousse un cri.
(Bon, c'est l'hiver. Il neige. Il fait froid. Janvier a été improductif. ça va passer, ça fait du bien de se défouler :)

11:11 Publié dans Crise de foi | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
09.02.2010
Metropolis
Dans le cadre de la Berlinale, une version restaurée de Métropolis de Fritz Lang sera projetée sur la Porte de Brandebourg, ça promet d'être magnifique! Moi j'y vais, des intéressés?


















